Depuis la rentrée 2017-2018, tous les élèves des écoles officielles suivent obligatoirement un cours d’une heure de philosophie et citoyenneté (CPC) par semaine. Les parents – ou les élèves s’ils sont majeurs – peuvent également opter pour une deuxième heure de CPC ou choisir l’un des cours actuels de religion ou de morale non-confessionnelle.
Cette organisation ne concerne toutefois que l’enseignement officiel et le libre non confessionnel. L’enseignement libre n’est pas tenu à cette obligation. Les cours de religion y restent obligatoires tandis que l’éducation à la philosophie et la citoyenneté (EPC) est distillée dans les différents cours de la grille-horaire.
Le Centre d’Action Laïque, à l’instar de nombreuses actrices et acteurs de l’enseignement, plaide depuis de nombreuses années pour l’instauration de deux heures de ce cours, pour tous les élèves, quel que soit le réseau qu’elles ou ils fréquentent; une revendication rappelée encore récemment par André Grenier, administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) et par Sébastien Schetgen, administrateur délégué du Conseil des Pouvoirs Organisateurs de l’Enseignement Officiel Neutre Subventionné (CPEONS).

L’objectif est clair : offrir à chaque jeune un véritable espace pour apprendre à penser par lui-même, débattre, comprendre le monde, exercer son esprit critique, analyser les informations, appréhender les institutions démocratiques et réfléchir aux grands enjeux de société. On le conçoit aisément : consacrer une seule heure à ces enjeux est largement insuffisant.
Dans un contexte marqué par la polarisation du débat public, la désinformation, le repli identitaire et le complotisme, donner aux élèves des outils de compréhension du monde et des leviers d’action citoyenne est pourtant essentiel. La situation actuelle est par ailleurs difficilement tenable : les enseignant·es doivent jongler avec des horaires éclatés, des déplacements incessants et des groupes d’élèves fragmentés, tandis que les directions doivent composer avec des contraintes organisationnelles souvent absurdes.
Un cours dont la fréquentation est en constante augmentation
La fréquentation du CPC confirme d’ailleurs l’intérêt croissant pour ce cours. Si à la rentrée 2018-2019, la deuxième heure de CPC était choisie par 12 % des parents en primaire et 15 % en secondaire, elle est aujourd’hui de 23 % en primaire comme en secondaire. Ces chiffres ne reflètent cependant que partiellement la réalité de l’enseignement officiel puisqu’ils intègrent les données de l’enseignement catholique dont, rappelons-le, les élèves ne fréquentent que le seul cours de religion catholique. Ces chiffres de fréquentation illustrent ainsi que, lorsque le choix existe réellement, les familles se tournent de plus en plus vers le CPC. Il devient un choix éclairé.
Une ouverture ?
Si dans la Déclaration de Politique Communautaire, la majorité MR-Engagés évoquait une adaptation du CPC, intégrant notamment le dialogue interconvictionnel et l’histoire des courants religieux, plus récemment, la Ministre Valérie Glatigny a exprimé sa volonté de rendre cette deuxième heure de CPC obligatoire dans l’enseignement officiel, tout en rendant optionnels les cours de religion et de morale. « Il devient urgent de revoir l’organisation du cours de CPC en raison de problèmes organisationnels et pédagogiques largement remontés du terrain. Une heure de CPC par semaine est insuffisante pour développer l’esprit critique et atteindre les attendus du référentiel », précise un communiqué de son cabinet (Voir Le Soir du 17 avril 2026).
Gageons qu’elle bénéficie d’une d’influence plus déterminante dans les débats que Caroline Désir, ministre de l’éducation qui, durant la précédente législature, pourtant forte d’une résolution parlementaire en 2021 qui recommandait précisément l’instauration de ces deux heures, y avait renoncé en raison de la difficulté, notamment, de dégager un consensus politique suffisant.