Roger Lallemand et le libre examen
Par Pierre Van den Dungen, docteur en philosophie et lettres (Histoire)(ULB), chargé de cours à l’ULB et professeur à La Cambre-Ensav. Auteur de dizaines d’articles et de livres sur les milieux de journalistes, l’histoire des femmes ainsi que des biographies (dont celles d’Hubert Pierlot, 1er ministre du gouvernement « en exil » à Londres et d’Henri La Fontaine, prix Nobel de la paix en 1913). Président de la Fondation Henri La Fontaine. Auteur-interprète du collectif musical Bertier.
Roger Lallemand est décédé il y a 10 ans, le 20 octobre 2016.
Connu pour être l’auteur – avec la libérale flamande Lucienne Herman-Michielsens – de la loi sur la dépénalisation partielle de l’avortement (1990), il a porté également un grand nombre d’autres combats essentiels. Tous en faveur de l’Etat de droit et de la défense des droits humains.
Pour que vive une démocratie effective, il s’est toujours battu en faveur d’un pouvoir judiciaire indépendant.
Lallemand– au prétoire comme au Sénat – a défendu les droits des minorités sexuelles, les droits des drogués à être soignés tels des malades plutôt que traitésen délinquants. Il a également défendu le droit à l’euthanasie.
En somme, avocat et élu, Lallemand a considéré la politique comme « une réponse éthique face au désenchantement du monde ».
Cette façon de penser et d’agir inspire encore celles et ceux qui ne se résolvent pas au cynisme ambiant.